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Ces plantes : comestibles ou non ?

Ces plantes : comestibles ou non ?

10 juil. 20265 min
 

Plantes sauvages et chevaux : lesquelles sont dangereuses, lesquelles sont inoffensives ?

Herbage, prairie, forêt ou bord de chemin, l'environnement du cheval regorge de végétaux. Si la plupart sont sans danger, certaines plantes peuvent provoquer des intoxications graves, voire mortelles. Ce guide vous aide à les reconnaître et à sécuriser l'espace de vie de votre cheval ✨

 


1. Pourquoi les chevaux ingèrent-ils des plantes toxiques ?

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le cheval ne possède pas d'instinct infaillible qui lui permet de distinguer les plantes toxiques des plantes saines. En situation de surpâturage, lors d'un manque de fourrage, ou simplement par curiosité, il peut consommer des végétaux qu'il éviterait en conditions idéales. La prévention repose donc avant tout sur la gestion de l'espace et la surveillance régulière des pâtures 😉

Bon à savoir : Le cheval est un animal incapable de vomir. En cas d'intoxication, les toxines transitent dans tout le système digestif, ce qui rend certains empoisonnements particulièrement graves et difficiles à traiter.


2. Les plantes les plus dangereuses pour les équidés

Séneçon jacobée (Jacobaea vulgaris) — ⚠️ Très toxique

L'une des causes les plus fréquentes d'intoxication équine en Europe. Ses alcaloïdes pyrrolizidiniques s'accumulent dans le foie : les symptômes (jaunisse, perte de poids, troubles neurologiques) n'apparaissent parfois que plusieurs mois après l'ingestion. Séché dans le foin, il reste tout aussi toxique qu'à l'état frais.

Fougère aigle (Pteridium aquilinum) — ⚠️ Très toxique

Elle détruit la thiamine (vitamine B1) et provoque une intoxication neurologique irréversible si la consommation se prolonge. La fougère sèche reste dangereuse. Elle envahit progressivement les pâtures dégradées.

If commun (Taxus baccata) — ☠️ Mortel

Quelques grammes d'aiguilles suffisent à tuer un cheval adulte. La mort peut survenir en moins d'une heure, souvent sans symptôme préalable visible. Ne jamais planter d'if à proximité d'une pâture ou d'un paddock.

Séneçon commun (Senecio vulgaris) — ⚠️ Toxique

Même action hépatotoxique que le séneçon jacobée, mais souvent négligé car moins visible. Présent en lisière, bords de chemin et pâtures peu entretenues.

Digitale pourpre (Digitalis purpurea) — ⚠️ Très toxique

Perturbe gravement le rythme cardiaque. Toutes les parties de la plante sont dangereuses. Se développe en lisière et dans les zones récemment défrichées.

Colchique d'automne (Colchicum autumnale) — ⚠️ Très toxique

Particulièrement insidieux car il fleurit sans ses feuilles, en automne. Provoque des coliques sévères, diarrhées hémorragiques et paralysie respiratoire.

Laurier-rose (Nerium oleander) — ☠️ Mortel

Souvent présent dans les jardins et en bordure de chemins dans le sud de la France. Même quelques feuilles peuvent être fatales. L'eau dans laquelle on a trempé des bouquets est aussi toxique.

 

Attention : Le séneçon jacobée est particulièrement dangereux car ses effets hépatiques sont cumulatifs et différés. Un cheval peut sembler en bonne santé pendant des mois avant un effondrement subit. Inspecter systématiquement les pâtures et le foin.


3. Plantes inoffensives ou bénéfiques pour le cheval

Beaucoup de plantes sauvages sont parfaitement comestibles pour les équidés, voire bénéfiques à petites doses. Elles font partie de la flore naturelle d'une pâture équilibrée.

Pissenlit (Taraxacum officinale) — ✅ Sans danger

Apprécié des chevaux, il soutient la fonction hépatique et digestive. Riche en vitamines et minéraux. À consommer librement dans les pâtures.

Plantain (Plantago major / lanceolata) — ✅ Bénéfique

Plante de prairies par excellence. Légèrement astringent, utile en cas de diarrhée légère. 

Ortie (Urtica dioica) — ✅ Bénéfique si séchée

Riche en fer et minéraux. Séchée ou flétrie, elle perd ses poils urticants et peut être proposée en complément ou en foin. À l'état frais, les chevaux l'évitent généralement d'eux-mêmes.

Chicorée sauvage (Cichorium intybus) — ✅ Sans danger

Appréciée des équidés. Soutient la digestion. Fréquente en bord de chemin et dans les prairies fleuries.


4. Règles d'or pour sécuriser les pâtures

À faire :

  • Inspecter les pâtures au moins deux fois par an, au printemps et en automne
  • Arracher le séneçon à la racine, en portant des gants
  • Vérifier le foin acheté : il peut contenir des plantes séchées toxiques
  • Maintenir une bonne gestion du pâturage pour éviter le surpâturage
  • Retirer les tailles d'if, laurier-rose ou buis des zones accessibles aux chevaux

 

À éviter :

  • Planter des ifs, lauriers-roses ou digitales en clôture ou en haie de pâture
  • Laisser des déchets de jardin (tonte, élagage) accessibles au cheval
  • Composter à proximité immédiate du paddock
  • Acheter du foin sans demander son origine et son mode de production
  • Laisser une pâture en surpâturage prolongé sans rotation

 


5. Saisonnalité : quand surveiller davantage ?

Printemps — Séneçon en pleine croissance, feuilles de colchique toxiques, reprise végétative rapide : le risque de consommation accidentelle est accru.

Été — Fougère aigle à son maximum de développement, séneçon jacobée en fleur et en graine : ne pas laisser grainer.

Automne — Colchique en fleur sans ses feuilles, souvent non reconnu. Fougère sèche toujours toxique si elle se retrouve dans le foin.

Hiver — L'if conserve ses aiguilles et ses baies. Vérifier les clôtures et les branches tombées après les tempêtes.


6. En cas d'intoxication : que faire ?

  1. Appelez immédiatement votre vétérinaire ou la clinique équine la plus proche.
  2. Isolez le cheval et retirez-le de l'accès à la source suspecte.
  3. Conservez un fragment de la plante ou prenez une photo pour faciliter l'identification.
  4. Notez l'heure probable d'ingestion et estimez la quantité consommée.
  5. Ne tentez aucun traitement sans avis vétérinaire et n'administrez rien.

 

7. FAQ

Mon cheval a mangé du séneçon — est-ce grave ? Une ingestion ponctuelle est préoccupante, mais la toxicité est surtout cumulative. Contactez votre vétérinaire pour évaluer la situation et effectuer un bilan hépatique si nécessaire.

Le foin peut-il contenir des plantes toxiques ? Oui. Le séneçon, la fougère ou le colchique séchés restent toxiques dans le foin. Privilégiez un foin provenant d'un producteur connu et récolté sur des parcelles entretenues.

Quelle haie planter autour d'une pâture équine ? Privilégiez le noisetier, l'aubépine, le prunellier ou le cornouiller sanguin. Évitez absolument l'if, le laurier-rose, le buis et le troène.

Les ânes et poneys sont-ils autant exposés que les chevaux ? Oui. Tous les équidés sont sensibles aux mêmes plantes toxiques. Les poneys et ânes, souvent plus opportunistes dans leur alimentation, peuvent même être davantage exposés.

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